Fiche signalétique
Fiche technique
Titre : Troie
Réalisateur : Wolfgang Petersen
Date de sortie : 2004
Production : Warner Bros.
Acteurs principaux : Brad Pitt, Eric Bana, Orlando Bloom, Diane Kruger
Lieux de tournage : Mexique
Thèmes
- La vie quotidienne au temps des Grecs
- Les batailles
- Le rôle des dieux (même si ce thème reste très peu exploité dans ce film. Voir les critiques ci-dessous)
- Le mythe de Troie
- Les personnages mythologiques
Résumé, Synopsis
« Depuis tous temps, les hommes ont provoqué des guerres. Certains pour le pouvoir, d’autres pour la gloire ou encore l’honneur – et d’autres encore par amour.
Dans la Grèce Antique, une guerre dévastatrice éclate de la passion amoureuse des deux plus illustres amants de l’histoire : Pâris – Prince de Troie – et Hélène – Reine de Spartes.
L’enlèvement d’Hélène par Pâris est une insulte que le Roi Ménélas ne peut supporter. Parce que l’honneur familial est en jeu, Agamemnon frère de Ménélas et puissant Roi de Mycènes, réunit toutes les armées grecques afin de faire sortir Hélène de Troie.
Mais en réalité, la sauvegarde de l’honneur familial n’est qu’un prétexte pris par Agamemnon pour cacher sa terrible avidité. Celui-ci cherche en fait à contrôler Troie et agrandir son vaste empire. Aucune armée n’a jamais réussi à pénétrer dans la cité fortifiée, sur laquelle veillent le Roi Priam et le Prince Hector. L’avenir de Troie ne dépend plus que d’un homme, Achille, connu comme le plus grand guerrier de son époque.
Arrogant, rebelle, et réputé invincible, Achille n’a d’attache pour rien ni personne si ce n’est sa propre gloire. C’est son insatiable désir de reconnaissance qui le mène à attaquer les portes de Troie sous l’égide d’Agamemnon, mais l’amour finira par décider de son destin.
Deux mondes sont alors sur le point de s’affronter pour l’honneur et le pouvoir. Des milliers d’hommes s’apprêtent à mourir sur les chemins de la gloire. Et une nation entière sera rasée pour l’amour d’un seul homme. »
tiré de http://www.warnerbros.fr/movies/troy/
Quelques mots sur le réalisateur
« Wolfgang Petersen commence à 19 ans une carrière d’assistant metteur en scène à l’Ernst Deutsch Theater de Hambourg. Après avoir étudié la comédie pendant trois ans, il s’initie durant quatre ans à la réalisation à la Film und Fernsehakademie de Berlin, où il a notamment pour professeur le directeur de la photographie Michael Ballhaus. Il tourne en 1970 son premier moyen métrage : Ich werde dich Töten, Wolf, dans le cadre de la série policière Tatort, et signe l’année suivante le téléfilm Blechschaden.
En 1973, il reçoit le Bundespreis et une citation à l’Oscar pour son premier long métrage Einer von uns beiden, mais doit attendre 1981 pour connaître la consécration internationale grâce au Bateau. Avec un total de six nominations à l’Oscar, ce film de guerre sous-marine est le long métrage étranger le plus populaire jamais distribué aux Etats-Unis et offre à Wolfgang Petersen un passeport pour exporter ses talents de réalisateur outre-Atlantique. Variant les genres, il va du fantastique (L’Histoire sans fin ; 1984) au thriller hitchockien (Troubles ; 1991) en passant par la science-fiction (Enemy ; 1985).
A partir des années 90, le cinéaste remporte la confiance des studios hollywoodiens et se retrouve à la tête de productions américaines au budget allant croissant. Il dirige ainsi trois acteurs vétérans, Clint Eastwood, Dustin Hoffman et Harrison Ford, à travers des longs métrages alliant action et spectaculaire : Dans la ligne de mire (1993), où il en va de la protection du Président des Etats-Unis, Alerte (1995), qui traite d’une lutte acharnée contre le virus ebola, et Air Force One (1997), où le chef d’Etat américain se retrouve pris en otage. En 1999, Wolfgang Petersen retourne en haute mer pour filmer le naufrage de George Clooney et Mark Wahlberg dans En pleine tempête. Croulant sous les projets de film, le réalisateur met quatre ans avant de se décider à porter à l’écran le récit de l’Iliade pour l’épique Troie (2004). Un an après, il persiste dans les productions à grand spectacle en réalisant Poséidon, un remake au budget colossal (140 millions de dollars) d’un classique du film catastrophe : L’ Aventure du Poséidon. »
tiré de http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne_gen_cpersonne=1417.html
Ce qu’en pense la critique
” … Cinq cents ouvriers maltais, 200 artisans britanniques, 1.200 figurants, 5.000 litres de gaz, 4.000 cactus déterrés à la main sous l’oeil de botanistes, 200 tonnes de plâtre et la protection d’une réserve de tortues mexicaines en voie d’extinction… La liste pourrait continuer sur plusieurs pages, tant la production et le tournage de Troie ressemblent à une Iliade version mégaprojet ruineux estampillé commerce équitable et bio…”
[tiré de : Libération]
“… Dans le cinéma de divertissement et du « blockbuster » dégoulinant d’argent, il y a des modes. Selon les années, les écrans sont envahis par des extraterrestres, des GI, des karatékas speedés, des robots, des cow-boys, des flics véreux, des vampires ou des ados sur le point de perdre leur pucelage dans une bicoque isolée où rôde un tueur psychopathe. La tendance du moment est au guerrier en minijupe, au muscle couvert d’huiles rares, à l’envahisseur sanguinaire qui sent la sueur mais ne peut manger de raisin qu’allongé sur un lit de pétales de roses. Bref, c’est le retour du péplum. En attendant « Alexandre le Grand » d’Oliver Stone, et « Gladiator 2 », voici « Troie » de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, Peter O’Toole, Diane Kruger et Orlando Bloom.
Evidemment on rêve : Troie, le fameux cheval, la belle Hélène, Homère, les mythes fondateurs… Hélas, hélas ! Malgré 2.000 figurants (qui, grâce à la digitalisation par ordinateur, se multiplient jusqu’à devenir 75.000 sur l’écran), Troie reconstituée à Malte et une flotte de mille bateaux (elle aussi majoritairement digitale), le film repose sur Achille – Brad Pitt, époustouflant de beauté, et que l’on voit nu dans plusieurs scènes. …”
[tiré de : Le Point]
«Troie », de Wolfgang Petersen.
Coup de pompeux. Depuis « Gladiator », le péplum fait un retour en force. Mais « Troie » a un gros défaut : celui d’être lourdement scolaire : Achille est un bodybuilder huilé vêtu d’un ravissant justaucorps en cuir noir ; Hector, un père de famille happé par le sens du devoir; Thétis, une fille qui ramasse des coquillages ; Agamemnon, un cabot bedonnant; Pâris, un héros de reality-show ; et la belle Hélène, un top model. Quant à Briséis, nue, elle a le corps enseignant.
Dans “Troie”, de Wolfgang Petersen, les personnages sont … homériques, les combats kung-fu, les costumes dignes de la Gay Pride, les dieux absents. Mon tout est pompeux, long (2h40), parfois distrayant, toujours grandiose.
Le générique, qui est interminable et comprend plusieurs centaines de noms, dont un (“maître des étoffes”, un “chef des armures cuir” et un “coordinateur marin”, nous apprend que le film est tiré de “l’Iliade” d’Homère, un best-seller d’époque. …”
[tiré de : François FORESTIER, Le Nouvel Observateur, n° 2062, jeudi 13 mai 2004, p.136]
“… Malgré la virtualité digitale de son Antiquité, le réalisateur Wolfgang Petersen invoque, plutôt que les dieux, un “souci de réalisme” qui l’aurait guidé dans son expédition. Premières victimes de ce beau souci, les hôtes de l’Olympe, qui ne sont évoqués que pour être moqués, par Achille ou par Hector, et qui jamais n’interviennent dans le déroulement de la guerre.
Mais on sait bien que l’impératif catégorique qui a guidé l’entreprise n’a rien à voir avec l’exactitude documentaire : il fallait trouver une manière de conditionner l’histoire qui la rende propre à la consommation pour les clients des multiplexes.
Disparus, donc, les dieux aux arbres généalogiques incompréhensibles, à l’exception de Thétis, qui fait une brève apparition sous les traits de Julie Christie.
Contracté sur quelques jours, le temps du conflit, comme si l’on pouvait investir Ilion aussi vite que l’on a pris Bagdad. Et pour que nul n’ignore rien de cette structure simplifiée, les dialogues sont rédigés en phrases grandiloquentes faites de mots très simples qui se déroulent à l’infini entre les séquences de combat.
Quant à la nature des liens qui unissaient Achille à Patrocle, c’est très simple : le bouillant guerrier était en fait le baby-sitter de son jeune cousin, c’est pour cela qu’il fut pris d’une telle colère lorsque Hector l’occit. …”
[tiré de : Le MONDE, édition du samedi 15 mai 2004, p. 31]
Ces critiques ont été compilées dans le site d’Itinera Electronica par Jean Schaer, en 2004, au moment de la sortie du film. Voir : http://pot-pourri.fltr.ucl.ac.be/itinera/actualites/nouvelles.cfm?num=180
Les défauts du scénario et inexactitudes diverses
Même si les inexactitudes citées ci-dessous ne sont pas d’une grande importance pour la réalisation de la séquence qui suit, il me paraît utile de les rappeler afin d’utiliser ce film avec « des pincettes ». La liste est tirée de Wikipédia qui, ma foi, fait bien son boulot !!
« Le film prend de grandes libertés par rapport au texte d’Homère et aux autres récits utilisés. Parmi les nombreuses inexactitudes :
- Les scénaristes hollywoodiens ont mis de côté les interventions divines du récit originel, Achille devient même quasiment athée.
- Toute la dimension tragique est escamotée, pour laisser la place à l’unique motivation retenue pour chaque personnage : aspirer à la gloire et l’immortalité et s’assurer que leurs noms leur survivront pour l’éternité. Inversement, l’aspect financier du déclenchement de la guerre est escamoté : Pâris n’avait pas seulement enlevé l’épouse de Ménélas, il avait emmené le trésor de ce dernier.
- Dans L’Iliade et le reste de la mythologie grecque, Agamemnon est seulement choisi pour diriger l’expédition des Grecs, et n’est pas le suzerain des rois de Grèce. Il n’a jamais non plus entamé de conquête du monde grec.
- Anachronisme : Lorsque l’alarme sonne l’arrivée des grecs sur les rives de Troie, durant la panique provoquée dans la ville, on aperçoit deux lamas.
- Les Grecs mettent dix ans à préparer leur armée, puis dix ans de guerre à Troie, puis dix ans pour revenir chez eux (pour les moins chanceux, notamment Ulysse). Pendant ce siège, l’armée grecque attaqua des villes voisines pour affaiblir la ville tout en se ravitaillant. Dans le film, le siège de Troie ne dure qu’une quinzaine de jours et se focalise exclusivement sur la cité attaquée, il n’est pas fait mention de villes avoisinantes.
- Dans le récit original Achille meurt d’une seule flèche au talon tirée par Pâris bien avant la construction du cheval. Dans le film, il reçoit une première flèche au talon, puis plusieurs dans le torse (ce qui lui laisse pourtant suffisamment de souffle pour demander à Briséis de se sauver), et tout ceci se passe pendant le sac de Troie, c’est-à-dire après l’entrée du cheval de bois dans l’enceinte de la cité.
- Dans le film, Patrocle est le cousin d’Achille. Dans les récits d’origine il est son meilleur ami, mais en aucun cas son cousin. Dans le film, il meurt dans un duel avec Hector qui le prend pour Achille, alors que dans l’Iliade, Hector ne fait qu’achever Patrocle, mortellement blessé par Euphorbe.
- Énée était un proche du roi Priam et le commandant en second de l’armée troyenne, et non pas le jeune garçon inconnu de Pâris que l’on aperçoit dans le film.
- Le personnage de Briséis, dans le film, est en fait un mélange des personnages de Briséis, Cassandre, Clytemnestre et Polyxène
- Plusieurs personnages ne meurent pas pendant la Guerre de Troie mais meurent au cours du film :
* Dans le film, Agamemnon est tué par Briséis lors du sac de la ville. Dans les récits d’origine, il rentre à Mycènes et est tué par sa femme Clytemnestre et son amant Égisthe.
* Dans le film, Ménélas est tué par Hector lors de son duel avec Pâris. Dans l’Iliade, le duel avec Pâris est interrompu par une intervention divine et Ménélas ne meurt pas, il fait partie des hommes dissimulés dans le Cheval de Troie. Il se réconcilie avec Hélène et ils rentrent à Sparte. On observera également sa présence dans l’Odyssée accueillant Télémaque fils d’Ulysse à Sparte.
- D’autres meurent au cours de la guerre de Troie mais dans des conditions différentes :
* Ajax, l’homme au marteau géant et roi de Salamine, n’est pas tué par Hector. Il mettra fin à ses jours après avoir massacré un troupeau de moutons que, dans sa folie, il prit pour les Grecs qui lui avaient refusé l’armure du défunt Achille.
* Priam sera tué par Néoptolème, fils d’Achille, et non par Agamemnon.
- Enfin, quelques troyens quittent la cité assiégée dans le film mais ont un destin différent dans l’Iliade :
* Andromaque, la femme d’Hector, devient l’esclave de Néoptolème.
* Astyanax, le fils d’Hector, est précipité du haut des murs de Troie par Néoptolème.
* Dans l’Eneide de Virgile, Enée, prince Troyen, fuit avec quelques compagnons pour rejoindre ensuite le Latium. »
Cette liste d’erreur est tirée de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Troie_(film,_2004)#Inexactitudes_du_film
La séquence d’enseignement
Extraits choisis :
J’ai choisi deux extraits pour réaliser cette séquence :
Le banquet à Sparte. Chapitre 4, à 16min.
La première scène de bataille à Troie, lorsque Achille débarque et attaque la défense troyenne. Chapitre 17, à 53 min.
Intérêt de la séquence
Je vais commencer à travailler sur la Grèce antique avec mes élèves du cycle de transition (des 5ème). Et parmi les thèmes que je vais abordés se trouvent celui de la vie quotidienne ainsi que celui des guerres et des batailles. Je compte d’ailleurs débuter le sujet avec ceux-ci, avant de traiter de la mythologie.
Il me paraît donc opportun d’utiliser un film pour aider les enfants à se forger une représentation du monde grec tel qu’il était, il y a 2’500 ans. Je veux pourtant éviter l’écueil tellement dangereux de leur proposer une représentation fictive, signée Warner Bros. Il convient donc de les guider afin d’aiguiser leur sens critique.
Comment donc leur proposer d’appréhender ces deux extraits avec le regard d’un historien aguerri, à la recherche d’erreurs, d’anachronismes, d’inexactitudes, alors qu’ils n’ont aucune connaissance du monde grec (à priori) ?
C’est en y réfléchissant et en les regardant travailler pour leur exposé sur l’Egypte, feuilletant des livres d’histoire et consultant des sites internet, que l’idée m’est venue de leur donner le matériel qui leur permettra de critiquer le film de Wolfgang Petersen. Mieux, ils allaient se transformer en experts historiques, consultants du grand réalisateur afin d’améliorer certaines scènes de son film.
Activités proposées
➢ Identifier les éléments visuels propres à l’époque de la Grèce antique
➢ Confronter ces éléments à d’autres sources historiques
➢ Proposer des améliorations pour faire mieux correspondre le film à la réalité historique
L’élève est ainsi capable de :
- relever des éléments se rattachant à un thème donné
- classer ces éléments dans un tableau par catégories
- chercher les mêmes éléments dans un livre d’histoire ou /et sur un site internet
- comparer ces deux éléments
- formuler des conseils historiques
Le travail s’effectue par groupe de 4 ou 5 élèves. Les extraits sont diffusés à l’ensemble de la classe. Après chaque visionnement, 5 mn sont laissées au groupe pour comparer et rassembler leurs notes.
Ensuite l’enseignante met à disposition des ouvrages historiques que les groupes
se passent.
fiches élève
Bibliographie
Les livres mis à disposition des élèves sont les suivants :
- Chrisp, Peter, Alexandre le Grand, La Grèce domine le monde, Gallimard Jeunesse, Paris, 2000
- Lhommedet, Laurence et Merle, Claude, Le monde grec, Les Editions Autrement, Junior, Paris, 2001
- Loverance et Wood, Les Grecs, Gründ, Paris,1993
- Schofield, Louise, La Grèce ancienne, Nathan, Paris, 1999
Webographie
Le café pédagogique, un site intéressant qui donne des pistes pour exploiter pédagogiquement les films et autres objets culturels. Le site renvoie à d’autres sites que vous trouverez ci-dessous
Une page du site de l’Université catholique de Louvain (Itinera Electronica) qui compile les différentes critiques qui ont été publiée à la sortie du film, au printemps 2004.
Un site qui peut être très utile pour les enseignants désirant travailler sur l’Illiade et l’Odysée, avec de nombreux outils pédagogiques. Graphiquement stimulant…